Deux contrebandiers de civelles condamnés à 7 mois de prison Par AFP le 08.05.2018 lu dans science et avenir

 

Deux ressortissants chinois ont été condamnés lundi à sept mois de prison et 30.000 euros d'amende pour leur implication dans un trafic de civelles (ou bébés anguilles), une espèce protégée dont la population s'effondre depuis 30 ans, a-t-on appris mardi auprès du parquet de Bobigny.

Jugés en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis), ils avaient été arrêtés jeudi à l'aéroport de Roissy en possession de 60 kilos de ces alevins d'environ 7 cm de long, qui étaient enfermés dans des poches en plastique remplies d'eau.

Âgés de 35 et 42 ans, ils étaient en transit entre le Portugal et la Chine quand ils ont été fouillés par la douane qui a estimé la valeur de la marchandise prohibée à 30.000 euros.

Selon l'Agence française pour la biodiversité (AFB), la population d'anguilles n'est plus que de 10% de ce qu'elle était dans les années 70-80. Depuis 2009, elle est classée comme espèce protégée par la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction).

Avec l'exportation interdite hors UE et des quotas stricts, "on est dans une situation de prohibition. Or qui dit prohibition dit trafic et spéculation", expliquait fin mars à l'AFP Michel Vignaud, coordinateur sur les migrateurs à l'AFB.

2017 a marqué un record dans les saisies de civelles braconnées: une tonne, dont 520 kg en une seule prise en Gironde en janvier.

A la pression sur l'espèce liée à la pollution et au changement climatique s'ajoute une forte demande venue d'Asie, moins pour la consommer qu'à des fins d'aquaculture, en particulier au Japon.

Résultat: un prix de 350 à 500 euros le kilo au sortir des bateaux, mais jusqu'à 1.000 euros/kg auprès de mareyeurs en Espagne et 3 à 5.000 euros en Asie.

Prison avec sursis en décembre à Saintes, prison ferme début mars à Lorient: comme à Bobigny lundi, les procédures se multiplient. Le braconnier encourt jusqu'à six mois de prison et 50.000 euros d'amende, voire 2 ans en cas de trafic, et 7 ans s'il est en bande organisée.